Au cœur de la France, il était autrefois une terre sacrée, une contrée bénie des dieux, au centre de laquelle trônait le Mont Dumias: c'était le pays des Arvernes! A travers les âges, cette région, aux paysages envoûtants, est devenue une terre riche d'histoires et de légendes souvent oubliées... Bienvenue!

Tuesday, 30 December 2014

Le chateau des Salles



- Un château?! A deux pas de la place de Jaude?!

- Oui, oui il en existait un jusqu'en 1939! Cette maison forte était située à l'ouest de la place. Vois donc cette description faite par Elie Jaloustre en 1910:


"Le château actuel des Salles semble remonter au XIVème siècle [...] Il a été construit sur des ruines gallo-romaines dont un vestige subsiste au N-O et qui est connu sous le nom de Muraille des Sarrasins"

Ce mur mesure 7m de hauteur et 1,80 m d’épaisseur, et est composé de petits blocs de pierre volcanique taillés en parallélépipèdes rectangles, séparés horizontalement par des bandeaux de briques qui devaient donner une assise plus solide à la maçonnerie. 
 

Des fouilles conduites par P.F. Fournier, en 1970, ont permis de reconnaitre le temple de Vasso Galate (un des temples les plus importants de la Gaule antique) décrit par Grégoire de Tours au 1er siècle av. J.C. :

"C’était une construction d’une solidité remarquable. Le mur en était double et épais de 30 pieds (9 mètres). L’intérieur du monument était orné de marbre et de mosaïque »


Au centre de la cella, qui était large de  longue de 24 mètres et surement large de 30 mètres, se trouvait un bassin rectangulaire borde d’un hémicycle de 12*14 mètres. Sa découverte a permis d’interpréter l’édifice comme un sanctuaire de l’eau guérisseuse, construit au début du 1er siècle après l’assèchement du marais de Jaude.

A la fin du Moyen âge, les restes de ce temple détruit au IIIe siècle, par Chrocus, roi des Alamans, sont englobés dans un petit château fort : le château des Salles.

Malheureusement, le château a été détruit en 1939 et seul subsiste des lambeaux du mur romain:



De nombreuses parties du temple, exhumées lors des fouilles de 1970, peuvent être vues dans la cour du musée Bargoin.

 45°13'34.08"N -  2°46'0.19"E

BIBLIOGRAPHIE:
Revue d'Auvergne - Amis de l'universite de clermont - Janvier 1910
L'identite de l'Auvergne - Daniel Martin
http://www.augustonemetum.fr/News/Info-430/Le-Vasso-Galate.html 

Sunday, 7 September 2014

Pierre de Belvezin

 
La pierre de Belvezin
Cette pierre de trachy-andésite mesure 1m50 sur 1m20 et pèse environ 5 tonnes. Elle est située sur  la bordure Nord du plateau du Limon. Elle ne se trouve pas aujourd’hui à son emplacement d’origine : elle était insérée dans l’alignement de l’appareillage grossier d’un mur d’empierrement jouxtant un petit lac tourbeux près de la ferme de Belvezin.



La sculpture parait s’organiser autour d’un bandeau formant un arc de cercle dont les extrémités s’enroulent en volutes. Du cœur du motif s’échappent deux bandes d’abord linéaires qui donnent ensuite naissance, l’un a une amorce de spire, l’autre a une courbe qui enveloppe la figure centrale puis s’en éloigne en parcourant les formes naturelles de la roche selon un trace qui serpents et se poursuit sous la partie du bloc reposant sur le sol. Dans cette dernière courbe s’organisent divers motifs circulaires traverses par des lignes et des signes. Un motif cruciforme se terminant sur son axe longitudinal en volute, est présent sur la face maintenant oriente au nord.  L’on peut y voir une forme d’écriture appelée pétroglyphes. 
Les pétroglyphes
Aucune datation n’a pu être déterminée pour cet artefact et plusieurs hypothèses ont été proposées :
  1. Une stèle reliée a un culte de la Déesse mère de la fin du néolithique (-200 -1600 Av. J.C.)
  2. La vision celtisante des décors pourrait amener à une datation de 400 à -200 Av. J.C.
  3. Une pierre de bornage du XIème siècle, marquant la limite de territoire entre le fief de Belvezin et les terres de la Grange cistercienne de Graule.

45°13'34.08"N -  2°46'0.19"E
 

Wednesday, 27 August 2014

Le souffle du Drac

Les anciennes mines de plomb argentifère de Pranal.

Aujourd'hui nous nous intéresserons á un phénomène extraordinaire qui se manifestait dans un ancien puits minier des alentours de Pontgibaud...

"Des torrents de gaz se rependirent dans la vallée"


Fournet, ancien directeur des mines de Pontgibaud nous donne une description du phénomène: 

" Pendant certaines journées, on s’aperçoit á peine de la présence de gaz carbonique dans l’intérieur des mines de Pranal et de Barbecot. En d’autres temps, les jets s’effectuent avec le bruit du tonnerre. Dans un puit de Pranal, approfondi jusqu’a 90 mètres, actuellement abandonné et complètement rempli d’eau, il arrivait presque tous les mois qu’une agitation commençait a se manifester dans la colonne liquide. D’abord animée d’un mouvement presque insensible, ensuite frémissante et devenant mousseuse au bout de quelques heures, elle était lancée par une explosion comme le vin de Champagne hors d’une bouteille et le puits se trouvait débarrassé de son contenu (10-15 mètres de profondeur). La projection atteignit même un jour a un degré de violence tel, que la toiture du puits fut enlevée; des torrents de gaz se rependirent dans la vallée, asphyxiant un cheval dans son écurie et les oies qui nageaient sur la rivière. "

Puits Ste Barbe - Pontgibaud

Principe de fonctionnement:

Il est aujourd'hui assez facile d'expliquer cette bizarrerie qui se rapproche du fonctionnement des geysers á eaux chaudes. Le gaz carbonique est un gaz très soluble dans l'eau. Comme tous les gas il suit la loi de Henry: "La quantité de gaz dissout est proportionel á la pression et diminue avec la température." Par exemple 1 litre de champagne contient 5 a 6 litres de CO2 dissous.

Dans le puit, la quantité de gaz dissous dans l'eau augmente avec la profondeur, mais aussi dans le temps du fait de l'apport incessant de CO2 par les fissures de la roche. A l'approche de la limite de saturation, c'est á dire lorsque l'eau ne peut plus dissoudre de CO2, la moindre perturbation vient déclencher le système. La première bulle se forme et grossit en remontant vers la surface. La bulle entrainant l'eau sur son passage induit une dé-préssurisation du liquide dans sa remonté. D'autres bulles se forment alors dans la tranche supérieure d'eau et ceci diminue la pression au fond du puits. Le gaz dissous se retrouve alors en dèsiquilibre et va se dégazer rapidement, provoquant une véritable éruption gazeuse...

Pour tous les pécheurs a la ligne, rassurez-vous, le puit et la majorité des galleries ont été comblés. De nos jours, les sources de Pontgibaud évacuent de manières paisibles leurs bulles de gaz...

BIBLIOGRAPHIE:
L'eau et le gaz carbonique : les sources minérales intermittentes et les geysers. Jean-Pierre Couturié

La chapelle de Chanet

Le porche d'entrée

La "belle endormie", monument historique, est étrangement solitaire, égarée dans les herbages d'un plateau à 1100m d'altitude, au-dessus de la vallée de la Sianne. Un petit bijou roman du XIè siècle...

L’église de Chanet a été abandonnée à son sort depuis 1842. La dernière inhumation a eu lieu en 1953. Elle n’a survecu sous un dur climat, que grâce a son système de couverture, qui est celui des burons de la montagne. Toute pièce de bois est exclue. Les voutes sont constituées par un assemblage de pierres plates verticalement disposées qui travaillent comme des claveaux. Sur leurs reins, de la terre glaise a été foulée, et ce lit imperméable porte directement la toiture, de lourdes et larges lauzes.
La facade sud
La souplesse de la toiture lui a permis de porter chaque hiver des tonnes de neige et de suivre sans se disloquer les mouvements du gel. Basse et longue sous sa toiture aplatie, l’église s’efface ainsi pour resister aux coups de l’hiver.


Le porche est d’une conception insolite dans le Cantal. Deux bancs de pierre règnent sur les cotés. Au fond du porche, la porte en arc fortement brisé est ornée de quatre archivoltes.


Selon le Dictionnaire statistique du Cantal (1869), l’église aurait été consacrée en 924, sous le titre de Saint-julien. Elle relevait de l’Abbaye de Blesle. 

Pour l'anecdote, Pierre Jolivet a tourné une partie de son film "Le frère du guerrier" en 2002.

45°15'06.6"N 3°00'27.4"E

Le geyser de St Nectaire

Le geyser

Dans une étude faite en 1981 à la demande de la mairie de St-Nectaire, le BRGM proposait des forages de reconnaissance afin d'augmenter le débit disponible pour les thermes.

Le premier forage, est situé à une cinquantaine de mètres au nord de l’établissement thermal, descendant à une profondeur de 50 mètres. Lors de sa réalisation, il a fonctionné en geyser d’une hauteur de 50 mètres toutes les 10 minutes pendant 3 jours en novembre 1981, et pendant une douzaine d’heures en janvier 1982, attirant les foules à St Nectaire. Il débitait 5m3/heure d’une eau minérale à 56.2 C.


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In 1981, a study conducted by the BRGM proposed to drill a new well in order to increase the amount of thermal water available for the therms. 

The first well drilled, was located 50 meters north from the thermal building. The drilling process went well until a depth of 50 meters, where, the 56.2C water started to raise 50 meters above the floor level. The new geyser regurlarly erupted (every 10 minutes) during three days during November 1981, then every 12 hours until january 1982.

45°35'00.4"N 2°59'30.0"E