Au cœur de la France, il était autrefois une terre sacrée, une contrée bénie des dieux, au centre de laquelle trônait le Mont Dumias: c'était le pays des Arvernes! A travers les âges, cette région, aux paysages envoûtants, est devenue une terre riche d'histoires et de légendes souvent oubliées... Bienvenue!

Tuesday, 6 January 2015

Le sarcophage de L'Orante



Le sarcophage servait, avant la révolution, d’autel du Saint Esprit dans le transept Nord de la cathédrale de Clermont. Sauvé de la destruction en 1793 par un clermontois qui en fit un abreuvoir, il fut ensuite utilisé comme autel dans la chapelle des Carmes Deschaux avant d’être transporté dans la crypte de la cathédrale en 1960.

En marbre, c’est une cuve rectangulaire ornée sur trois cotes d’une frise de personnages dont les visages sont presque en ronde-bosse, á l’exception de ceux du deuxième plan. Sur la façade principale, les sujets se suivent en frise continue, encadrant la figure de la défunte dans l’attitude de l’orante, les bras levés vers le ciel.



Sarcophage de l'Orante situe dans la crypte de la cathédrale de Clermont.

La facture de ces sculptures est d’un extrême classicisme. Ce sarcophage doit être rattache aux ateliers d’Arles dont la production fut exportée dans toutes la Gaule. Très actifs au IVème siècle, ils rivalisent avec les sculpteurs de l’Italie romaine avant d’être supplantes au Vème siècle par les créations de Marseille, puis d’Aquitaine.

Tuesday, 30 December 2014

Le chateau des Salles



- Un château?! A deux pas de la place de Jaude?!

- Oui, oui il en existait un jusqu'en 1939! Cette maison forte était située à l'ouest de la place. Vois donc cette description faite par Elie Jaloustre en 1910:


"Le château actuel des Salles semble remonter au XIVème siècle [...] Il a été construit sur des ruines gallo-romaines dont un vestige subsiste au N-O et qui est connu sous le nom de Muraille des Sarrasins"

Ce mur mesure 7m de hauteur et 1,80 m d’épaisseur, et est composé de petits blocs de pierre volcanique taillés en parallélépipèdes rectangles, séparés horizontalement par des bandeaux de briques qui devaient donner une assise plus solide à la maçonnerie. 
 

Des fouilles conduites par P.F. Fournier, en 1970, ont permis de reconnaitre le temple de Vasso Galate (un des temples les plus importants de la Gaule antique) décrit par Grégoire de Tours au 1er siècle av. J.C. :

"C’était une construction d’une solidité remarquable. Le mur en était double et épais de 30 pieds (9 mètres). L’intérieur du monument était orné de marbre et de mosaïque »


Au centre de la cella, qui était large de  longue de 24 mètres et surement large de 30 mètres, se trouvait un bassin rectangulaire borde d’un hémicycle de 12*14 mètres. Sa découverte a permis d’interpréter l’édifice comme un sanctuaire de l’eau guérisseuse, construit au début du 1er siècle après l’assèchement du marais de Jaude.

A la fin du Moyen âge, les restes de ce temple détruit au IIIe siècle, par Chrocus, roi des Alamans, sont englobés dans un petit château fort : le château des Salles.

Malheureusement, le château a été détruit en 1939 et seul subsiste des lambeaux du mur romain:



De nombreuses parties du temple, exhumées lors des fouilles de 1970, peuvent être vues dans la cour du musée Bargoin.

 45°13'34.08"N -  2°46'0.19"E

BIBLIOGRAPHIE:
Revue d'Auvergne - Amis de l'universite de clermont - Janvier 1910
L'identite de l'Auvergne - Daniel Martin
http://www.augustonemetum.fr/News/Info-430/Le-Vasso-Galate.html 

Sunday, 7 September 2014

Pierre de Belvezin

 
La pierre de Belvezin
Cette pierre de trachy-andésite mesure 1m50 sur 1m20 et pèse environ 5 tonnes. Elle est située sur  la bordure Nord du plateau du Limon. Elle ne se trouve pas aujourd’hui à son emplacement d’origine : elle était insérée dans l’alignement de l’appareillage grossier d’un mur d’empierrement jouxtant un petit lac tourbeux près de la ferme de Belvezin.



La sculpture parait s’organiser autour d’un bandeau formant un arc de cercle dont les extrémités s’enroulent en volutes. Du cœur du motif s’échappent deux bandes d’abord linéaires qui donnent ensuite naissance, l’un a une amorce de spire, l’autre a une courbe qui enveloppe la figure centrale puis s’en éloigne en parcourant les formes naturelles de la roche selon un trace qui serpents et se poursuit sous la partie du bloc reposant sur le sol. Dans cette dernière courbe s’organisent divers motifs circulaires traverses par des lignes et des signes. Un motif cruciforme se terminant sur son axe longitudinal en volute, est présent sur la face maintenant oriente au nord.  L’on peut y voir une forme d’écriture appelée pétroglyphes. 
Les pétroglyphes
Aucune datation n’a pu être déterminée pour cet artefact et plusieurs hypothèses ont été proposées :
  1. Une stèle reliée a un culte de la Déesse mère de la fin du néolithique (-200 -1600 Av. J.C.)
  2. La vision celtisante des décors pourrait amener à une datation de 400 à -200 Av. J.C.
  3. Une pierre de bornage du XIème siècle, marquant la limite de territoire entre le fief de Belvezin et les terres de la Grange cistercienne de Graule.

45°13'34.08"N -  2°46'0.19"E